Découvrez le Dossier de presse de la FCPF-FPS et des FPS.

À L’OCCASION DE LA JOURNÉE INTERNATIONALE DE LUTTE POUR LES DROITS DES FEMMES, LES FEMMES PRÉVOYANTES SOCIALISTES (FPS) AINSI QUE LA FÉDÉRATION DES CENTRES DE PLANNING FAMILIAL DES FPS (FCPF-FPS) SOUHAITENT SOULIGNER L’IMPORTANCE D’UNE PRISE EN COMPTE DU GENRE ET DU SEXE DANS LE DOMAINE DE LA SANTÉ POUR ATTEINDRE UNE MEILLEURE ÉGALITÉ ENTRE LES FEMMES ET LES HOMMES.

Aujourd’hui, nos systèmes de soins de santé sont en crise. La pandémie de Covid-19 interroge en profondeur notre manière dépenser et d’organiser ces services publics indispensables. Or, si un changement de paradigme est nécessaire, celui-ci doit impérativement s’accompagner d’une réflexion globale autour des pratiques médicales actuelles, porteuses d’inégalités de genre, dans un secteur pourtant majoritairement féminisé.

Qu’il s’agisse de santé mentale, physique ou sexuelle, les femmes et les minorités LGBTQIA+ subissent, depuis de longues années, les effets néfastes d’un modèle de pensée capitaliste, patriarcal et hétéronormé [1]. Invisibilisées, négligées ou encore assimilées à une norme masculine trop restreinte, ces fractions de la population,davantage précarisées, ne disposent pas d’un accès aux soins de santé équitable et garanti.

En 2019, près de 46,3% des femmes en Fédération Wallonie-Bruxelles ont renoncé à au moins un soin de santé pour des raisons financières, contre 33% des hommes [2]. Et parmi les familles monoparentales, ce pourcentage approche les 60% (en sachant que 80% des foyers monoparentaux ont une femme à leur tête) [3].

Le coût des soins n’est pas le seul obstacle : l’absence d’une approche genrée mène, de facto, à des prises en charge inadaptées,teintées de stéréotypes et/ou de méconnaissances de la part du monde médical.

Prenons le cas des maladies cardio-vasculaires : il s’agit de la première cause de décès des femmes en Belgique, devant le cancer du sein. Pourtant, seul·e un étudiant·e en médecine sur deux en est conscient·e. Les femmes ne sont en outre que 26% à avoir déjà échangé à ce sujet avec un·e professionnel·le. De plus, lorsqu’elles sont concernées, les patientes sont prises en charge médicalement avec en moyenne deux heures de retard sur les hommes. Enfin, entre l’admission aux urgences et la sortie de l’hôpital, leur taux de survie atteint seulement 37% contre 55%chez les hommes. Cette approche totalement biaisée a donc des conséquences dramatiques sur des millions de femmes [4].

À contrario, certains enjeux en matière de santé sexuelle et reproductive sont identifiés comme étant des « problématiques »exclusivement féminines alors qu’elles ne le sont pas. Par exemple, en matière de contraception, chacun·e devrait assumer une part de responsabilité si cela est nécessaire.

Or, en Belgique, seules deux méthodes de contraception masculine sont reconnues parles autorités : le préservatif externe (ou préservatif masculin) et la vasectomie. D’autres solutions existent, telles que la pilule contraceptive pour hommes, mais les dernières études pour parvenir à sa commercialisation coûtent cher et le médicament n’intéresse pas suffisamment l’industrie pharmaceutique… [5]

Ces exemples, parmi tant d’autres, ne sont pas anodins. Ils illustrent à quel point le genre et le sexe ne peuvent être ignorés dans le secteur médical. Leur prise en compte doit être effective dans tous les domaines, notamment en santé mentale, et à toutes les étapes de soin(de la prévention à la prise en charge, en passant par la recherche). Plusieurs actions concrètes peuvent permettre de tendre vers cet objectif, parmi lesquelles :

  • Le développement de campagnes d’information et de sensibilisation à destination du grand public sur les aspects genrés et sexo-spécifiques de différentes maladies ;
  • L’intégration du genre dans la formation, tant initiale que continuée, de tout·e·s les professionnel·le·s de santé ;
  • L’application du gender mainstreaming [6] dans l’ensemble des politiques publiques de santé à tous les niveaux de pouvoirs ;
  • Le soutien à la recherche sur certaines maladies, telles que l’endométriose.

Enfin, pour lutter contre le report des soins, nous réclamons la démocratisation et par là même la démarchandisation des systèmes de soins de santé afin de garantir leur accessibilité tant financière que géographique ainsi qu’un accompagnement de qualité à tou·te·s.

Les femmes ne sont pas des patients comme les autres. Aujourd’hui, plus que jamais, elles doivent être mises au coeur des stratégies politiques en matière de santé pour enfin répondre à leurs besoins de santé spécifiques. Il s’agit là d’un droit fondamental, celui de jouir du meilleur état de santé possible, dans un monde inclusif et égalitaire.

Des actions nationales pour plus d’égalité

  • MARCHE MONDIALE DES FEMMES – MARDI 8 MARS DÈS 16H00

ORGANISÉE PAR LA COORDINATION NATIONALE DE LA MARCHE MONDIALE DES FEMMES.
Grand rassemblement au Carrefour de l’Europe (devant la gare centrale de Bruxelles) avecstands associatifs suivi d’une marche.
Programme détaillé sur la page FB de la Marche Mondiale.

  • APPEL À LA GRÈVE

Le Collecti.e.f 8 maars appelle à une grève nationale des femmes et des minorités de genre. Après les grèves massives en Espagne, en Suisse, en Amérique latine, et trois années de grève en Belgique, nous appelons les femmes* à s’arrêter le 8 mars, à faire grève, à renoncer aux tâches domestiques, au travail rémunéré ou aux cours et à ne pas consommer. Par cette action, on veut souligner le rôle important que joue le travail des femmes dans le fonctionnement de la société. Parce que lorsque les femmes* s’arrêtent, le monde s’arrête.

www.8maars.be

  • Découvrez toutes les activités organisées par les régionales des FPS sur www.femmesprevoyantes.be
  • Découvrez toutes les activités organisées par les Centres de Planning familial des FPS ici.

[1] Qui considère l’hétérosexualité comme l’unique norme à suivre.

[2] UNMS – Institut Solidaris – Service Etudes Solidaris, Enquête Solidaris : le report des soins desanté, 2019, https://bit.ly/3AMOkHQ, p.4.

[3] Ibid.

[4] Pour en savoir plus : COLARD Fanny, « Femmes et maladies cardio-vasculaires », Etude FPS, 2019, https://bit.ly/3gfhh5U.

[5] Pour en savoir plus : https://www.planningsfps.be/.

[6] L’Institut pour l’Égalité des Femmes et des Hommes (IEFH) définit le gender mainstreaming comme « une stratégie qui a pour ambition de renforcer l’égalité des femmes et des hommes dans la société, en veillant à ceque toutes les étapes des processus politiques – élaboration, mise en oeuvre, suivi et évaluation – tiennent compte de la dimension de genre, c’est-à-dire des différences socio-économiques qui existent entre les hommes et les femmes ».  IEFH, Manuel pour la mise en oeuvre du gender mainstreaming au sein de l’administration fédérale belge, 2010, https://bit.ly/384zqAn (Consulté le 1er février 2022).