Les violences envers les femmes sont universelles et sont l’infraction aux droits humains la plus répandue. L’OMS (2002) rapporte que 20% des femmes ont subi des violences au cours de leur vie et souvent (de 10 % à 34,4 %), ces violences ont été infligées par leurs partenaires.
De nombreuses études précisent que, même si les violences conjugales touchent les deux sexes, il y a plus ou moins 1 cas de violence déclarée à l’encontre d’un homme pour 5 cas à l’encontre des femmes. Aussi, une étude menée par l’Institut de Santé Publique (2001) rapporte que les hommes représentent 1% des victimes de violences conjugales. D’autres sources rapportent qu’une femme sur cinq serait victime au cours de sa vie de violences entre partenaires.
Ces chiffres doivent être interprétés avec prudence car ils comportent de nombreux biais. D’une part, toutes les victimes ne portent pas plainte et ne demandent pas d’aide. D’autre part, lorsque des enquêtes sont menées, peu de gens osent se confier sur ce sujet. La plupart des chiffres ont été recueillis via des statistiques de police ou auprès d’intervenants médicaux. Or, beaucoup de personnes victimes de violences entre partenaires n’ont pas recours à ces professionnels et ne font donc pas partie de leurs statistiques.
Par ailleurs, beaucoup de plaintes ne sont pas déposées, certainement du fait des pressions sociales: par exemple, peu d’hommes accuseront leur femme de violences envers eux de peur d’être jugés « faibles » par leur entourage. Dans le même ordre d’idée, certaines classes sociales « élevées » auront tendance à camoufler leur situation sous prétexte que les violences conjugales ne concernent que les personnes de « classes populaires ». Nous constatons que de nombreux cas de violences entre partenaires sont ainsi méconnus.
Evelyne Josse. Algérie, Alger. (2007). Les violences conjugales. Quelques repères.
Les femmes victimes de violences conjugales : le rôle des professionnels de la santé, Rapport du Ministre chargé de la santé réalisé par un groupe d’experts réunis sous la présidence de Monsieur le Professeur Roger Henrion, février 2001, p18-20. Cité dans Lacroix S., médecin généraliste-Offermans A-M, sociologue. Les violences conjugales (Partie 2).