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Dépistage : comment en parler, comment agir ?

Il est souvent difficile d'aborder le sujet de la violence conjugale avec une victime ou un-e auteur-e. C'est normal, tout le monde ne connait pas la problématique, certains préfèrent ne rien dire au nom du "respect à la vie privée", d'autres ont peur ou son mal à l'aise face à cette question. Il existe aussi de nombreux préjugés qui circulent en termes de violence. "Gérard ? Non, ce n'est pas possible, il est si gentil qu'il ne ferait pas de mal à une mouche !", "Rien d'autre qu'une petite dispute... Et puis, elle a l'art de le pousser à bout quand même", "Enfin, un homme ne pourrait jamais être battu par sa femme !"...
Malgré les obstacles que nous pouvons rencontrer, il est important de dénoncer ces situations de violence. Pouvoir exprimer qu'une telle situation est inacceptable et insister auprès de la victime qu'elle n'est en rien responsable.
 
Le dépistage, en quoi ça consiste ?
 
Dépister les violences entre partenaires commence par poser des questions et ce, en tête à tête. Elles doivent être simples, ouvertes et dépourvues de tout prévugé : "Et à la maison, comment ça va ? Et votre partenaire ?"
Votre attitude est très importante. Elle influencera la victime et sa capacité à se confier. En cas de révélation des violences, soyez à l'écoute, reconnaissez la victime dans sa souffrance. Croyez-la et dites-le-lui. Rassurez la patiente sur la confidentialité de l'entretien. Déculpabilisez-la. Ce n'est pas elle qui est responsable, mais son/sa partenaire. Informez la victime des conséquences des violences sur elle et sur le foeutus. Rappelez-lui que la violence est un délit puni par la loi. 
 
Voici quelques pistes d'action :
  • Le/la croire
  • Reconnaître son statut de victime
  • Lui dire que la situation n'est pas normale
  • Lui dire qu'on est ouvert, à l'écoute et présent-e pour lui/elle
  • Maintenir un lien de confiance
  • Respecter ses choix
  • Evaluez ensemble le degré de dangerosité de la situation
  • Etablissez un scénario de protection
  • Vous êtes médecin et constatez des coups physiques ? Pour être complet, le certificat médical doit reprendre les données suivantes (Lacroix et Offermans, 2004) :
    • L’identification du médecin et de la personne victime
    • Le lieu, la date et l'heure de l'examen
    • La signature du médecin sur chaque page
    • La description exhaustive des lésions constatées en respectant les termes médicaux appropriés : aspect (ecchymoses, hématomes...), emplacement, ancienneté, taille. Un schéma ou des photographies sont souvent utiles.
    • La description des soins nécessaires et prescrits ainsi que la liste des examens complémentaires prescrits et effectués.
    • Les conséquences fonctionnelles des blessures, tenant compte des appréciations objectives du médecin et des allégations du patient relatives aux douleurs, à la fatigue, à la gêne plus ou moins importante pour accomplir les mouvements.
    • La durée de l'incapacité totale de travail (ITT). Cette incapacité vaut également pour les personnes au chômage ou travaille unqiuement dans la maison familiale. L'estimation de l'ITT est médicale et concerne le retentissement fonctionnel et psychologique de l'agression. Le retentissement psychique est souvent sous-estimé en raison des difficultés d'évaluation et de la complexité du lien de causalité. Il peut être évident d'emblée ou n'être que suspecté. Il convient alors d'émettre des réserves quant à son évolution et d'indiquer qu'un nouvel examen sera nécessaire, à distance des faits, pour affiner la détermination de l'ITT.
    • La mention « sous réserve de complications ultérieures » si, effectivement, des complications sont à craindre.

Le certificat peut rester dans le dossier médical jusqu’à ce qu’il y ait demande d’obtention par la personne victime. Si elle ne compte pas en faire usage tout de suite et le garde chez elle, il est important de l’informer des risques qu’elle pourrait encourir si le document était découvert par l’auteur des violences.

Certains comportements sont par contre à éviter :
  • Douter de la parole de la victime
  • Culpabiliser la victime
  • Le/la brusquer
  • La forcer à quitter son/sa partenaire
  • Juger la victime
Que pouvez-vous faire lorsque vous pensez qu'un-e patient-e est auteur-e de violences ? Voici quelques pistes :
  • Le/la responsabiliser
  • Lui dire que la situation n'est pas normale
  • Lui dire que vous rejetez la violence mais pas lui/elle, que vous êtes présent-e pour lui/elle
  • Lui dire qu'il/elle peut agir et que des professionnel-les peuvent l'y aider
Vous aussi, vous pouvez contacter le 0800/30 030 pour en parler !