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Désir de soi, désir de l'autre

Le désir s’expérimente d’abord dans le dialogue avec son propre corps.  Il s’appuie sur l’estime de soi et sur la considération positive de son intimité corporelle.  En retour, le « désir de soi » va consolider la base sécurisante de notre attachement à nous même, affection qui rejaillira presqu’invariablement dans nos relations futures à autrui, offrant dès lors la possibilité de rencontrer sereinement l’autre pour peut-être, dans un second temps, le désirer sincèrement. 

Aussi, il n’est pas d’érotisme sans une certaine quantité satisfaisante d’auto-érotisme.  Comment désirer l’autre sans un minimum de désir pour soi, sans une représentation de soi qui soit désirable pour l’autre ?  Ainsi, les plaisirs auto-érotiques, parce qu’ils contribuent à l’estime de soi, ouvrent au monde plus qu’ils ne referment l’individu sur lui-même dès lors qu’ils ne sont pas excessif. 

Plaisir solitaire

Longtemps taboue et même souvent jugée comme une activité honteuse, la masturbation, loin d’être une sexualité partielle, en est au contraire la voie d’accès royale.  Par ailleurs, elle peut constituer une forme à part entière de sexualité et dans certains cas être la seule manière d’avoir des relations sexuelles satisfaisantes. 

Dans nombre de situations, elle se révèle réellement bénéfique.  La masturbation répond, dès la petite enfance, à l’éveil curieux de la sensualité corporelle et l’entretien jusqu’à l’âge adulte où elle prolonge (plus ou moins ouvertement) le dialogue intime que chacun entretien avec son corps. 

En solo ou réciproquement avec son partenaire, la masturbation et les caresses sensuelles permettent de « débloquer » ou de décomplexer certaines situations où le primat de la pénétration et l’angoisse de performance empêchent le « lâcher prise » nécessaire pour être réceptif au plaisir sexuel.  Ainsi, la quête du plaisir ne se mue pas en une prouesse technique et mécanique mais se veut apaisante et non frustrante.