Vous vivez peut-être une situation particulièrement difficile avec votre adolescent et vous ne savez plus quoi faire. Il ne veut plus aller à l’école. Il n’en sort plus dans sa relation à la nourriture et ne parvient plus à s’alimenter correctement. Il est tellement stressé qu’il n’ose plus sortir de la maison ou entreprendre quoi que ce soit. Il a tenté de se suicider.
Vous n’avez plus aucune prise sur lui, il ne vous écoute plus, passe son temps dans la rue et parfois ne rentre même pas dormir. Il est de plus en plus violent avec vous, avec l’entourage et sans doute aussi avec les gens qu’il fréquente. Vous vous rendez compte qu’il se drogue et pique dans la caisse pour pouvoir s’approvisionner.
Ce type de difficulté révèle chez votre adolescent des problèmes qui nécessitent sans doute l’aide de professionnels psycho-médico-sociaux. Ne restez pas seul avec ce poids sur les épaules, osez demander de l’aide.
Ces aides peuvent prendre des formes très variées. Les structures mises en place dans notre pays sont en effet multiples pour pouvoir répondre le plus adéquatement possible à tous les types de problèmes, mais aussi pour apporter à ceux qui en ont besoin, le soutien le plus adapté à leur personnalité.
Nous vous proposons ici, sous formes de petites explications et d’un répertoire d’adresses, un aperçu des services à votre disposition.
Oser demander de l’aide
Certains comportements d’ados vont au-delà de la crise d’adolescence « ordinaire ». Ils refusent toutes les limites, toutes les contraintes, agissent dangereusement, pour eux ou pour les autres.
D’autres se referment complètement sur eux-mêmes et ne veulent plus ou ne parviennent plus à communiquer. Parfois, ce mal-être tourne à l’obsession; leur santé mentale est en jeu. Dans ces cas-là, vous, leurs parents, vous ne pouvez plus rester seuls. Vous devez faire appel à des professionnels.
Demander de l’aide peut aussi s’avérer utile dans des situations moins dramatiques. Il s’agira alors de demander un avis, des conseils à un professionnel pour définir avec lui le problème et envisager une solution adaptée. Le point de vue de quelqu’un d’extérieur est souvent très éclairant.
Faire preuve d’humilité
Pour certains parents, la démarche peut sembler difficile, comme s’il s’agissait d’un aveu d’échec. Reconnaître que vous ne pouvez plus rien faire, que vous êtes arrivé dans une impasse, est en réalité une preuve de courage. Vous êtes conscient de vos limites et avez besoin d’une aide extérieure, pour vous, votre ado et même votre famille.
Vous pencher sur votre passé
Se trouver face à son adolescent en crise peut faire ressurgir des blessures lointaines de votre propre enfance ou votre propre adolescence que vous avez, vous aussi, mal vécues. Ce passé vous empêche aujourd’hui de réagir sereinement avec vos propres enfants. Se faire aider soi-même constitue une piste pour aider son ado.
Les professionnels offrent une écoute attentive et confidentielle. Ils mettent à disposition des familles en difficulté leurs connaissances et leurs expériences. Ils vous demanderont de vous impliquer dans le processus de restauration des relations.
Les aides
Le médecin de famille
Votre médecin de famille, parce qu’il vous connaît bien, peut être un bon interlocuteur de première ligne. Vous pouvez aborder avec lui les problèmes qui vous préoccupent pour qu’il puisse ensuite vous aiguiller vers un service adapté à vos besoins. S’il choisit de vous prescrire des médicaments pour vous aider à traverser ce passage de ces moments de crise, rappelez-vous qu’ils ne solutionnent en rien les problèmes. Ces aides médicamenteuses permettent de retrouver un peu de calme pour démêler les problèmes, mais doivent être réservées pour de courtes périodes sous peine d’accoutumance et/ou de dépendance.
L’aide psychologique
En gros, il existe deux types d’aides psychologiques : celle qui s’apparente à la guidance et celle qui vise une analyse plus approfondie de la psyché, c’est-à-dire du comportement conscient et inconscient. Une guidance se centre sur un problème concret et actuel qu’elle cherche à améliorer en quelques séances. Une psychothérapie se centre sur l’exploration des méandres de l’inconscient, le problème n’étant que le prétexte de cette exploration. Dans certains cas, une thérapie individuelle sera privilégiée. Dans d’autres, le soignant proposera une thérapie familiale. Si vous voulez en savoir plus sur cette forme d’aide, lisez la brochure « Mal de vivre : comment trouver de l’aide ? ».
Il existe aussi des services de santé mentale. Subsidiés par les services publics, ils regroupent des équipes pluridisciplinaires (psychiatre, psychologue, travailleur social auxquels s’ajoutent parfois un logopède, un psychomotricien, un médiateur…) chargées de vous écouter, de réfléchir avec vous sur vos difficultés et de rechercher ensemble des solutions.
Pour trouver un centre de santé mentale, un psychologue ou un psychothérapeute proche de chez vous :
L’Institut wallon pour la santé mentale
Ils réunissent des professionnels de la santé tels que psychologue, médecin, gynécologue… Vous pouvez aussi y consulter un juriste, recevoir l’aide d’un assistant social.
Il existe des centres de planning familial dans la plupart des grandes villes de la Communauté française. Contacter un centre de notre Fédération.
Selon la pathologie ou le problème rencontré, il existe des organismes spécialisés qui apportent une aide tout à fait spécifique aux personnes concernées. Ainsi :
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pour le suicide : le Centre de prévention du suicide
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pour l’anorexie et la boulimie : Miata asbl, Anorevie et le Réseau Wallonie/Bruxelles de l’anorexie mentale et de la boulimie
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pour les problèmes de drogues : Infor-Drogues
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pour l’alcool : les Alcooliques Anonymes
Les groupes d’entraide centrent leur activité autour de problèmes, maladies, handicaps ou situations de vie particulières (boulimie, alcoolisme, toxicomanie, suicide, troubles obsessionnels compulsifs…). Le but est de partager les expériences et de s’unir pour tenter de résoudre les problèmes et apprendre à mieux les gérer.
Ces groupes s’organisent autour de trois fonctions : l’écoute, le soutien psychologique mutuel et l’action avec d’autres membres. S’y rencontrent uniquement des personnes qui vivent des situations semblables. Ainsi, le groupe d’entraide permet non seulement de s’aider soi-même, mais aussi de découvrir que malgré les problèmes difficiles que vous avez à résoudre, vous êtes capables d’aider les autres.
Il existe un site d’information sur les groupes d’entraide et de soutien en communauté française de Belgique.
Ils poursuivent les mêmes objectifs que les groupes d’entraide, mais sont créés et animés par des professionnels.
L’Office de l’Enfance, de la Jeunesse et de l’Aide à la Jeunesse de la Communauté française possède un site internet sur le thème de la parentalité. On y trouve un moteur de recherche répertoriant de très nombreuses associations et services qui peuvent venir en aide aux parents et notamment des groupes de parole.
Il suffit de composer un numéro de téléphone. De l’autre côté, une personne formée à l’écoute entend ce que vous avez à dire. Pas besoin de donner son nom. Pour certains, cet anonymat apporte sécurité et courage pour faire le premier pas. Vous y trouverez une écoute attentive et respectueuse de votre situation. Elle peut vous mettre sur la voie de solutions ou vous guider vers d’autres aides.
En général, ces services traitent de sujets délicats, voire tabous, comme le suicide, le viol, la solitude, l’inceste, la maltraitance…
L’aide est plutôt ponctuelle. Néanmoins, il arrive que des personnes téléphonent régulièrement au même service. Cela dit, leur interlocuteur est rarement le même.
Télé Accueil 107 propose un espace de parole et d'écoute à toute personne qui vit une situation de crise ou une difficulté sur le plan moral, social ou psychologique.
Allo Info famille apporte une aide ponctuelle aux parents et grands-parents qui se posent des questions sur leur enfant, leur adolescent, leur famille.
Le Centre de prévention suicide pour une écoute dans l’anonymat 24h/24.
Infor-Drogues : une permanence téléphonique fonctionnant 24h/24 au 02/227 52 52
Si vous éprouvez de graves difficultés dans votre rôle de parents, dans vos relations avec vos enfants, vous pouvez faire appel à un service d’aide à la jeunesse. Autorité publique relevant de la Communauté française, ce type de structure tente de trouver avec l’enfant ou l’adolescent et sa famille une solution à la crise qui se pose pour éviter l’intervention de la justice. Les SAJ proposent des entretiens qui leur permettent ensuite de vous orienter vers des services spécifiques (AMO, centre de guidance, centre PMS…). Ils peuvent aussi vous soumettre un programme d’aide adapté à votre situation via l’intervention du Conseiller de l’aide à la jeunesse. L’aide des SAJ est volontaire et participative, c’est-à-dire que toutes les décisions qui seront prises au terme des négociations requièrent l’accord tant du jeune que de sa famille. Il existe un SAJ dans chaque arrondissement judiciaire.
L’objectif d’une AMO est de venir en aide aux jeunes dans leur milieu de vie (famille, école, quartier…) pour qu’ils puissent s’y épanouir dans les meilleures conditions. Comment ? Par une aide individualisée, en soutenant leurs projets et en les aidant à résoudre leurs difficultés d’ordre scolaire, familial, administratif, juridique… Il existe une soixantaine d’AMO à Bruxelles et en Wallonie.
Organisation d’éducation permanente, cette asbl soutient et aide les parents à assurer leur rôle en leur offrant des formations et un accompagnement de qualité.
Lorsqu’il y a une rupture de communication au sein de la famille, vous pouvez faire appel à un médiateur qui vous aidera notamment à reprendre le dialogue ou à exercer vos responsabilités parentales.